Soutenance de thèse

Le Mercredi, 30. septembre 2026 -
14:00 - 19:00
Salle des Actes, Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1

M. Mohammad IMANIFULADI

Soutiendra mercredi 30 septembre 2026 à 14 h

Salle des Actes n° 011 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1

une thèse de DOCTORAT

Discipline : Études culturelles spécialité Études culturelles

Titre de la thèse : Autoriser et/ou interdire : l'histoire du cinéma iranien depuis 1979

Composition du jury :

  • Mme Marie-Pierre NOËL, Professeure Sorbonne Université
  • M. Alain ROCHER, Directeur d’études émérites EPHE
  • M. Gérard SIARY, Professeur émérite, Université de Montpellier Paul-Valéry, directeur de thèse
  • Mme Florence THÉROND, Professeure, Université de Montpellier Paul-Valéry

Résumé de la thèse :

Cette thèse analyse les effets de la censure sur le cinéma iranien contemporain en proposant une approche qui dépasse la conception traditionnelle de la censure comme simple instrument de répression. Si celle-ci constitue un dispositif de contrôle politique, religieux et idéologique limitant la liberté de création, elle ne produit pas uniquement l'interdiction ou la reproduction du discours officiel. L'hypothèse centrale est que la structure institutionnelle de la République islamique d'Iran, marquée par la pluralité des centres de décision et l'instabilité des mécanismes de contrôle, engendre un espace de « jeu » entre les autorités et les créateurs. Cet espace, conçu comme une zone d'incertitude, favorise des stratégies d'adaptation, de négociation et de contournement qui influencent les formes narratives et esthétiques des oeuvres.
La recherche repose sur l'analyse d'un corpus de films ayant entretenu un rapport direct avec la censure – oeuvres interdites, suspendues, clandestines ou soumises à diverses formes de contrôle – complété par un corpus comparatif permettant d'apprécier les seuils de tolérance du pouvoir. Une grille d'analyse croisant les dimensions esthétiques, narratives, institutionnelles et politiques est mobilisée afin d'identifier les effets de la censure sur les formes filmiques, en portant une attention particulière à la construction des récits.
Les résultats montrent que la censure iranienne fonctionne moins comme un système homogène que comme un processus évolutif, caractérisé par la variabilité de ses décisions, la pluralité de ses acteurs et l'incertitude de ses applications. Cette dynamique ouvre des marges d'action que les cinéastes investissent à travers des stratégies formelles et narratives originales. La thèse propose ainsi une lecture renouvelée de la censure comme un dispositif structurant, dont les contradictions participent à la configuration des formes cinématographiques et des rapports entre pouvoir et création artistique.

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This dissertation examines the effects of censorship on contemporary Iranian cinema by proposing an approach that moves beyond the conventional understanding of censorship as merely an instrument of repression. Although censorship functions as a mechanism of political, religious, and ideological control that restricts artistic freedom, it does not simply result in prohibition or the reproduction of official discourse. The central hypothesis of this study is that the institutional structure of the Islamic Republic of Iran, characterized by a plurality of decision-making centers and the instability of its regulatory mechanisms, creates a space of « play » between state authorities and filmmakers. Conceived as a zone of uncertainty, this space fosters strategies of adaptation, negotiation, and circumvention that shape the narrative and aesthetic forms of cinematic works.
The research is based on the analysis of a corpus of films that have maintained a direct relationship with censorship—including banned, suspended, clandestinely produced, or otherwise restricted works—supplemented by a comparative corpus that helps identify the boundaries of the state's tolerance. An analytical framework integrating aesthetic, narrative, institutional, and political dimensions is employed to examine the impact of censorship on cinematic form, with particular attention to narrative construction.
The findings demonstrate that Iranian censorship operates less as a coherent and homogeneous system than as an evolving process characterized by variable decisions, multiple institutional actors, and the unpredictability of its implementation. This dynamic creates spaces of agency that filmmakers appropriate through innovative formal and narrative strategies. The dissertation therefore offers a renewed understanding of censorship as a structuring dispositif whose internal contradictions actively shape cinematic forms and redefine the relationship between political power and artistic creation.

Dernière mise à jour : 15/09/2026